Article de journaux



Restauration du moulin de Piis.

Le Moulin retrouve son toit,

Samedi 22 juin 2002, le moulin de Piis a été recoiffé de son toit. Tel un chapeau. Le sauvetage de ce bâtiment exceptionnel, est en bonne voie.

Patrimoine architectural remarquable, le moulin fortifié de Piis, datant du XIIIème siècle, appartenait à un privé. Laissé à l'abandon, il a été longtemps victime de vandalisme car les pierres dures dont il est bâti étaient convoitées...

En mai 1998, l'ancien maire de Bassanne avait pris contact avec le propriétaire pour savoir si la commune pourrait l'acheter...

Bassanne, 87 habitants, au dernier recensement, a nécessairement des ressources très faibles et ne pouvait s'engager dans une telle restauration sans le secours de l'Etat, du département et de la région.

Une association des Amis du moulin de Piis a alors été créée avec le concours des journaux Sud Ouest et Le Républicain et le soutien d'Elus du canton, de Représentants d'associations diverses et de passionnés de vieilles pierres.

Avec pour mission de participer à la restauration et à la sauvegarde du moulin et de son environnement. Et de s'employer, avant, pendant et après, à faire vivre et à faire connaître ce site d'exception.

Parmi les moulins fortifiés de la Gironde, le moulin de Piis est en effet remarquable. Il se dresse dans la plaine de la Garonne au dessus de la dérivation de Bassanne.

Il forme au sol un rectangle de seize mètres sur dix dont l'angle nord, vers la Garonne, est muni d' une tour carrée, en encorbellement avec deux chambres de tir superposées, chacune armée d'une superbe arbalétrière en croix. L'appareillage de pierres, qui atteste de la période du XIIIème siècle, est, magnifique.

Mais le moulin existait avant 1234 puisqu'à cette date, comme en témoignent des archives, Guillaume Raymond de Piis avait acheté le fief de Puybarban

" avec son moulin dans la paroisse de Bassanne ".

Il s'agissait d'un moulin noble.

En 1319, Doat de Piis avait acheté des terres autour du moulin. Un inventaire dressé en 1659 le décrit ainsi :

le moulin a deux meules et une petite maison servant de fourrière. Il y a également un pigeonnier avec un jardin, de deux hectares et un pré de sept hectares".

On sait également que c'est un certain Bertrand Bougés qui en était le meunier quand il décéda en 1686.

Au XIXème siècle, le moulin était exploité par la famille Montaud. Piis s'est arrêté de fonctionner en 195O. Et en 1970, la toiture s'est effondrée.

Samedi, donc, on lui a remis sa toiture, à l'identique de celle dessinée par Léo Drouyn en 1860 (c'est en effet à partir de gravures de Léo Drouyn, les seules " images d'époque " existantes, que la restauration a été entreprise). Vendredi, le maître charpentier Alain Gilles et son équipe de Compagnons ont monté, au sol, toute la structure de la charpente y compris la couverture de tuiles de la tour.

Puis, grâce à d'imposants moyens de levage, l'ensemble a été hissé et mis en place. Le tout s'est déroulé devant de nombreux spectateurs à la fois impressionnés et émus.

Ce n'est qu'un début......

A l'instar de la charpente, le reste des travaux sera effectué en grande partie par les Compagnons du devoir. Oeuvre collective et éclectique: elle mettra à la tâche charpentiers, couvreurs, tuiliers, tailleurs de pierre... qui peut-être susciteront quelques vocations pour les écoliers et collégiens qui viendront visiter les chantiers commentés ! En effet cette restauration a aussi été mise à profit comme support pédagogique.

Après la remise en état du bâtiment proprement dit, une deuxième phase de . travaux interviendra pour remettre en route le mécanisme de meunerie. A terme, le premier étage du moulin devrait servir de salle de spectacle. Et le second, situé juste sous la toiture, de salle d'exposition. Une deuxième idée consisterait à créer des gîtes pour les pèlerins de Saint Jacques de Compostelle utilisant la route de Vézelay.

La revalorisation du ruisseau et de l'environnement extérieur du moulin est également à l'étude.

Jean Claude Chaloupin.